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8 mai 13h00 – 14h30

« Impact du mouvement #MeToo dans l’audiovisuel belge francophone. Solutions actuelles et futures »

Au cours de cette rencontre, nous souhaitons aborder la question du sexisme au sein de l’audiovisuel belge francophone, ses mécanismes, ses conséquences, et les solutions existantes et à venir pour endiguer ces comportements discriminants. En résumé : Quelle est la place, aujourd’hui, des femmes* dans les métiers de l’audiovisuel belge francophone ?

Notre étude menée en 2015, « DERRIÈRE L’ÉCRAN : OÙ SONT LES FEMMES ? Les femmes dans l’industrie cinématographique en FWB 2010-2015 », nous a montré que les femmes* sont nombreuses au sein des écoles de cinéma. En 2015, 55% des Master en réalisation des écoles de cinéma de la FWB étaient obtenus par des filles. Par contre, seulement 25% de femmes accèdent à la réalisation d’un premier long métrage. Ces chiffres ne semblent pas évoluer. Qu’est-ce qui explique cette différence flagrante ?

Le mouvement #MeToo a réveillé les consciences et mis sur le devant de la scène les mécanismes et comportements sexistes au sein du cinéma occidental. Quel éclairage celui-ci a-t-il amorcé chez nous ? Quelles sont les solutions de demain ? Quels sont ces collectifs qui travaillent à plus d’égalité au sein du cinéma belge ?

Autant de questions que nous aurons le plaisir d’évoquer avec nos intervenantes* :

  • Paye ton tournage, représenté par Clara Levy
  • F.(s), représenté par Charlotte Couturier (artiste scénique et vocale, spécialisée en questions de genre)
  • Elles font des films, représenté par Sarah Carlot (réalisatrice et auteure)
  • Genre médias – Sexisme dans les médias, parlons-en en ligne, représenté par Alizée Honoré (réalisatrice)
  • Médiatrice : Djia Mambu (critique cinéma et journaliste)

Djia Mambu est journaliste, critique de cinéma qui collabore pour le JT Afrique de TV5 Monde.

Elle fait partie du comité de programmation du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) et est membre de la Fédération internationale de la Presse Cinématographique (FIPRESCI). Elle est l’auteure de Peau Noire, Médias blancs, Stigmatisation des Noir.e.s t de l’Afrique dans la presse belge et française.

Sarah Carlot : Autrice, réalisatrice et membre d’Elles Font des Films, Sarah Carlot Jaber vit et travaille à Bruxelles. Diplômée en réalisation de l’IAD et titulaire d’un master de spécialisation en études de genre, elle s’intéresse particulièrement aux thématiques à la jonction de ces deux disciplines.

En 2021, Sarah et cinq autres cinéastes créent la Collection Female Gaze dans laquelle quatre courts-métrages questionnent la place des femmes* dans le milieu du cinéma. Elle y a écrit et réalisé La Protagoniste.

Sarah prépare actuellement son prochain court-métrage de fiction Olga ainsi qu’une création radiophonique qui aborde la représentation des désirs féminins* au cinéma par le tissage de voix de réalisatrices résidant en Belgique francophone.

Elles Font Des Films : Nous, travailleuses du cinéma en Belgique francophone, faisons alliance et constituons un réseau de soutien et d’influence non mixte et inclusif : ELLES FONT DES FILMS. Nous militons pour l’arrêt du sexisme dans les œuvres et à toutes les étapes de la filière cinématographique : écriture, développement, production, diffusion, exploitation.

Le cinéma, en tant que dispositif de représentation, diffuse les normes et les codes sexistes du genre, des relations et de la sexualité tels que l’hétéropatriarcat les a conçus. Contre ces inégalités et violences, qui structurent nos métiers et saturent les films, nous nous donnons la mission, urgente et collective, de faire émerger d’autres œuvres, hors de cette tyrannie.

Aussi œuvrons-nous à un cinéma, processus et objet de création, qui donne enfin voix et voie aux femmes et à toutes les personnes minorisées. Un cinéma d’émancipation, contre l’invisibilisation, l’uniformisation, la subalternisation et la réification. Il est temps de déployer de nouveaux imaginaires et récits, de montrer d’autres manières d’être, d’avoir, de faire et d’obtenir les moyens de les soutenir et de les produire. Il est notre temps.

C’est pourquoi nous voulons :

  1. La fin de toutes les formes de violences sexistes
  2. La liberté de créer
  3. Un accès équitable aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel
  4. Une éducation artistique qui intègre les œuvres des créatrices et des personnes minorisées, rende visible leur empreinte dans l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel
  5. La parité, la diversité et l’inclusion tout au long du parcours scolaire artistique
    – dans les jurys d’examen d’entrée, les commissions d’écriture et d’attribution de projets
    – dans le corps enseignant
    – dans les jurys internes et externes des travaux de fin d’études
  1. La répartition équitable dans l’obtention des subsides publics
  2. La parité, la diversité et l’inclusion dans les instances d’avis, jurys et commissions publiques
  3. L’égalité des salaires dans tous les domaines et métiers du cinéma
  4. La visibilité et la reconnaissance des cinéastes femmes et des personnes minorisées
  5. La diffusion et promotion équitable des œuvres au niveau national et international dans les médias, les festivals, les salles et les plateformes de diffusion

http://ellesfontdesfilms.be/

Clara Levy : est née en 1994 à Bruxelles.

Elle a d’abord étudié la communication appliquée à l’IHECS puis a recommencé des études de production à l’INRACI en 2016.
Diplômée depuis 2019, elle a récemment travaillé comme assistante de production sur des courts et longs métrages de fiction et de documentaire comme sur « L’employée du mois » de Véronique Jadin ou « Une jeunesse au creux de la vague » de Hugo Larsich et Léa Zilber.
Elle fait partie du collectif Paye ton tournage depuis deux ans, avec lequel elle oeuvre à lutter contre le sexisme et les discriminations dans le milieu du cinéma.

Paye ton tournage : est une plateforme de recueil de témoignages anonymes de sexisme et plus largement de tous types de discriminations dans le milieu du cinéma. Cette mise en commun permet de faire ressortir des violences systémiques dans le milieu du cinéma, de l’école à la profession. Statistiques, outils et définitions juridiques, écoute et soutien des victimes, sensibilisation dans les écoles via des formations et conseils, porte parole dans les médias, Paye ton tournage diversifie les actions pour alerter et agir sur les rouages des discriminations dans le cinéma.

https://payetontournage.tumblr.com/

Alizée Honoré

Alizée Honoré : est réalisatrice issue de l’IAD (Belgique) et développe au sein de sa structure, l’asbl Nighthawks, des projets socio-artistiques sur Bruxelles. Elle a écrit et mis en scène un spectacle sur la question des représentations normatives de la famille ; exploré la thématique des chimères à travers plusieurs installations, ‘Les Métamorphoses’, ‘Ipséité’, ‘Rêves d’enfants-enfants de rêves’ ; réalisé pour l’asbl Loop.s une installation sonore sur les enjeux d’une ville inclusive ; mis en place un projet autour de l’expérience vécue de l’habitat à travers les inégalités sociales et les représentations des espaces public et privé par les habitant·e·s d’un quartier de Bruxelles.
Plus récemment, elle a créé une plateforme en ligne sur les questions des préjugés liés au territoire avec le projet ‘Tribunal des préjugés’. Elle est co-responsable du projet ‘Genre Médias’ avec Valentina Zoccali de l’aisbl S-Com. Enfin, elle poursuit l’écriture de son premier documentaire ‘Vie sauvage’ en production chez Graphoui.
Son activité artistique défend un regard féministe queer, inclusif et intersectionnel, ainsi qu’une approche socio-psychologique.

Le projet Genre Médias – Sexisme dans les médias, parlons-en en ligne : veut contribuer à la lutte contre le sexisme dans les médias. Le projet a deux objectifs :

1.
La réalisation d’un atelier socio-artistique pour sensibiliser des jeunes aux questions de genre et à l’invisibilisation des femmes dans le secteur des médias. Genre Médias amène les jeunes à prendre conscience de l’importance des contenus dans les médias en ligne. Genre Médias accompagne des jeunes dans la réalisation de portraits vidéo de femmes du secteur des médias et dans la création d’un manifeste et d’une grille d’analyse qui mettront en évidence l’importance de la lutte contre le sexisme. Les portraits vidéo seront mis en ligne et partagés via les réseaux sociaux et la plateforme du projet, mettant ainsi en avant la parole des femmes du secteur des médias.
2.
La création d’un réseau et sa plateforme. Des réunions avec des professionnel.le.s seront organisées pour concevoir et mettre en œuvre une plateforme numérique qui est conçue comme un «safe space» où les femmes qui travaillent dans les médias peuvent partager leurs expériences et travailler ensemble. Cette plateforme présentera une base de données de réseaux des professionnelles du secteur. La plateforme permettra aussi d’aider les collègues à faire face au problème du sexisme dans leur domaine professionnel
http://genremedias.be/projet/

L’ASBL Nighthawks : Ateliers & Laboratoire de Productions Audiovisuelles
Nighthawks asbl a vu le jour en octobre 2014 sous l’impulsion d’Alizée Honoré dont le souhait était de réunir différentes disciplines telles que le cinéma et la performance. Géraldine Jonckers l’a rejointe par la suite, ainsi que Casimir Pesztat.
Ensemble, il et elles composent une équipe pluridisciplinaire portant des réalisations socio-artistiques singulières et mêlant techniques audiovisuelles, savoirs socio-psychologique et anthropologique, documentaire et fiction, performance et installation. Au fil du temps, le champ des disciplines s’est élargi grâce à de nouvelles rencontres, de nouvelles enjambées vers une recherche théorique, pédagogique et artistique.
Par l’intermédiaire du cinéma et des arts numériques, Nighthawks asbl crée des ponts et des rencontres. Elle tente de rendre visible et lisible la production artistique et de nourrir les espaces publics de paroles citoyennes. En parallèle, l’asbl propose également un service de productions audiovisuelles, accompagnant différents jeunes artistes dans leurs projets.

Charlotte Couturier

Charlotte Couturier : est une artiste scénique et vocale, formatrice et militante féministe.
Explorant les liens entre écriture et oralisation dans son travail artistique, elle conçoit et participe à des lectures publiques, des émissions radiophoniques, des performances et des créations scéniques.
Membre du Hot Bodies Choir dirigé par Gérald Kurdian, elle prolonge sa recherche entre création et activisme notamment au sein de ce collectif.
Elle fait aussi partie de F.(s), depuis sa création en 2018.
Enregistrements : https://www.mixcloud.com/charlotte-couturier/
Site : http://charlottecouturier.com/

F.(s) : est né d’un rassemblement spontané, le 4 mai 2018 à Bruxelles,
suite à la non-nomination d’une femme, encore, à la tête d’un théâtre.
F(.s) est un groupe d’êtres humains s’identifiant comme femmes ou X
issues du secteur artistique et culturel. Un rassemblement intersectionnel
aux identités plurielles.
Autonome et libre, chaque membre y est souveraine.
F.(s) est un mouvement de réflexions et d’actions féministes qui œuvre
pour un monde culturel débarrassé des pratiques patriarcales et
coloniales.
F.(s) est un lieu ressource, d’inspiration, d’échange, de rencontres, de
mutualisation et de partage des savoirs où les femmes de la culture
travaillent à identifier et reconnaître leurs droits.
F.(s) est un espace non mixte pour s’informer, s’instruire, se questionner et
trouver des réponses.
F.(s) est une plateforme horizontale d’échanges d’idées et d’expériences,
un lieu de sororité, de solidarité, de pluralité des féminismes.
Site internet : https://f-s.collectifs.net/

8 mai 16h00 – 17h30

« État de santé de l’audiovisuel belge francophone »

Nous vivons depuis plus d’un an dans un monde chamboulé par une crise sanitaire mondiale. Avec l’aide de nos intervenant.e.s*, nous allons décortiquer les conséquences de la crise de la COVID-19 sur le secteur de l’audiovisuel belge francophone. Comment cette crise a-t-elle affecté tout un pan de notre société et de notre économie ? Joue-t-elle un rôle aggravant des problèmes intrinsèques à ce milieu ?

Nous tenterons d’identifier les problématiques liées à la question de genre, croisées avec l’impact de cette crise dans ce secteur. En bref : Quel est l’état de santé de l’audiovisuel belge francophone ?

Pour y répondre, nous aurons la chance d’accueillir :

  • Centre du cinéma et de l’audiovisuel, représenté par Jeanne Brunfaut (directrice)
  • Mediarte, représenté par Jan Vermoesen (directeur)
  • Association des réalisateurs et réalisatrices francophones (ARRF), représentée par Guillaume Senez (réalisateur et scénariste)
  • Tülin Özdemir (réalisatrice)
  • Médiatrice : Screen.brussels, représenté par Aurore Boraczek (conseillère audiovisuel (film, TV, post-production, broadcast))

Aurore Boraczek : La formation et la carrière d’Aurore Boraczek sont axées sur la promotion des secteurs culturels et de l’égalité des chances avec, depuis 2007, une vocation internationale. L’accompagnement des créateur.trice.s de Bruxelles et l’organisation d’événements de mise en valeur de ceux-ci sont au cœur de sa pratique professionnelle, au sein des services publics belges, aux niveaux tant communautaire, que fédéral et régional.
Actuellement, Aurore Boraczek travaille pour le cluster screen.brussels, hébergé chez hub.brussels. Le cluster se positionne comme l’interlocuteur privilégié pour les entrepreneur.euse.s de l’audiovisuel en Région bruxelloise.
https://screen.brussels/fr/cluster

Guillaume Senez est né à Bruxelles où il réside actuellement. Il est l’auteur de plusieurs courts-métrages sélectionnés dans de nombreux festivals : La Quadrature du Cercle (2005), Dans nos veines (2009), U.H.T. (2012) et Mieux que les rois et la gloire (2020). En 2016 sort son premier long-métrage, Keeper, qui sera sélectionné dans plus de 70 festivals (dont Toronto, Locarno, Angers – Grand Prix du Jury, etc.) et recevra plus d’une vingtaine de prix. Nos batailles, son deuxième long-métrage, est sélectionné à la Semaine de la Critique (Cannes 2018), et a reçu 5 Magritte du cinéma belge (dont meilleur film et meilleure réalisation).

L’Association des Réalisateurs et Réalisatrices Francophones est une association professionnelle belge créée en 2002 sous la Présidence d’honneur d’André Delvaux. Elle regroupe aujourd’hui près de 200 membres oeuvrant dans les domaines du cinéma, de la télévision et du web. L’ARRF s’emploie à valoriser le travail de ses membres réalisateurs et réalisatrices, à défendre leur liberté artistique et morale et à faire respecter leurs intérêts et droits professionnels, sociaux, économiques et culturels. L’Association est aussi un lieu d’échange, d’information et de solidarité, visant à tisser des liens entre cinéastes.http://ellesfontdesfilms.be/

Jan Vermoesen : Jan Vermoesen est un gestionnaire expérimenté avec une expérience démontrée de travail dans l’industrie des médias audiovisuels et du divertissement. Il a acquis de solides compétences professionnelles en stratégie, législation du travail, dialogue social et droits voisins.
En 2008, il est devenu directeur général de mediarte, le fonds social du secteur belge de l’audiovisuel et du cinéma et il siège au comité exécutif de PlayRight, la société belge de gestion collective des artistes et interprètes.

Mediarte :

Depuis sa création en janvier 2005 mediarte représente, en tant que fonds social de tout le secteur audiovisuel, film et digital belge, tous les diffuseurs privés, les sociétés de production, les entreprises de services et les agences numériques (Commissions Paritaires 227 et 303.01).

Les missions de mediarte sont de :
• rendre chaque professionnel du secteur audiovisuel, film et numérique meilleur et plus compétent: “the making of you” est pour cela le motto de mediarte
• informer, soutenir et conseiller tous les intéressés du secteur – des employés aux travailleurs intérimaires en passant par les demandeurs d’emploi, les étudiants et leurs professeurs – sur l’emploi et les formations.

mediarte.be est un partenaire neutre et objectif qui se situe à mi-chemin entre les entreprises du secteur et les professionnels (et aspirants professionnels) du secteur.

Le public-cible de mediarte sont tous les collaborateurs du secteur audiovisuel et film, en mettant l’accent sur les groupes à risques: moins de 26 ans, mobilité réduite, d’origine allochtone, 50+, 40+ sous pression, nouveaux venus.

Tous les projets de mediarte ont donc pour objectif de permettre à toutes les personnes qui ont les compétences d’entrer dans le secteur et d’y évoluer, et d’y mener une carrière durable.

Nous menons d’autres projets d’accompagnement des personnes dans le secteur audiovisuel, notamment :
• mediastages: projet de stages pour les moins de vingt-six ans
• mediartist: projet d’accompagnement des demandeurs d’emploi bruxellois
• mediaguidance: accompagnement en entreprise
• mediasensor: une cartographie de l’expérience de travail et des risques psycho-sociaux dans le secteur audiovisuel
• scope: un pronostic sur les compétences nécessaires dans le futur du secteur audiovisuel, film et digital

Jeanne Brunfaut : Diplômée de l’Université libre de Bruxelles et du Collège d’Europe de Bruges, Jeanne Brunfaut est Directrice générale adjointe du Service Général de l’Audiovisuel et des Médias de la FWB et directrice du Centre du Cinéma et de l’audiovisuel de la FWB depuis 2012. Elle participe activement au développement de ce secteur florissant notamment via des réalisations telles que la réforme des systèmes d’aides à la production et à la promotion du cinéma belge francophone, la nouvelle stratégie de promotion du cinéma belge francophone, la négociation et la signature d’accords de coproduction internationaux, la création du Fonds FWB-RTBF pour les séries belges francophones en 2013, la mise en place, en 2016, d’une nouvelle aide pour les production légères destinée à promouvoir les contenus innovants de jeunes auteurs réalisateurs et la refonte du système d’aide au développement et à l’écriture destiné à consolider cette phase importante de la création. Jeanne Brunfaut est également directrice administrative de l’EFAD, l’association des Centres du cinéma européens, qu’elle a contribué à créer et membre active du réseau des partenaires francophones qui regroupe les Centres du cinéma francophones ayant à cœur de défendre la culture francophone dans le monde. Elle a été honorée de l’Ordre du mérite par le gouvernement luxembourgeois en 2016 et a reçu le titre de Chevalier de l’ordre des arts et des lettres par la République française en 2017, en présence de ses six enfants.

Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel : Le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel est le partenaire privilégié du cinéma belge francophone. Sa mission principale est de soutenir la création et la diffusion audiovisuelle en Fédération Wallonie-Bruxelles en encourageant la diversité des genres et des publics. Le CCA soutient toutes les étapes du processus : l’écriture, le développement, la production audiovisuelle, la diffusion et la promotion au regard de la qualité artistique, technique et culturelle des projets examinés. Il conseille également la Ministre en charge de l’audiovisuel sur base de concertations régulières avec le secteur.

Tülin Özdemir : Je suis née au cœur de l’Europe dans un des creux populaires de la ville de Bruxelles, une nuit d’été caniculaire, le 30 juin 1976. Mon enfance était rythmée entre les éclats du quartier turc de Bruxelles et les longs mois contemplatifs des vacances d’été en Turquie, au village de ma grand-mère Hané. L’enfance entre ici et là-bas est le terreau poétique de mes films.

Diplômée de la Haute Ecole d’Art de Saint-Luc, j’ai travaillé plusieurs années en tant qu’indépendante en architecture d’intérieur avant de passer les examens d’entrée à l’INSAS. Après deux ans dans la section réalisation, j’ai suivi le master en documentaire de création et anthropologie visuelle du S.I.C. (Sound Image Culture). J’y fabriquais mon premier court-métrage documentaire « Notre Mariage » où j’explorais le sujet du mariage précoce. Ensuite, je réalisais « Au-delà de l’ Ararat », un road-movie documentaire vers mes origines turques. Mon désir était de recréer une identité vivante à travers la mémoire des femmes d’Anatolie Turques, Kurdes et Arméniennes. Des installations de films / photos, une autre mise en scène du regard documentaire, ponctuent mon parcours de cinéaste. Avec « Notre Mariage » et « Au-delà de l’Ararat », « Les Lunes rousses », mon dernier long-métrage documentaire, clôture une trilogie sur la quête identitaire au féminin.

Le thème principal de mes films est la femme et son incarnation. Réaliser des films, c’est une métamorphose. Lorsque je filme l’autre, je réincorpore des images de femmes, je m’incarne dans le monde. Dans le chaos d’aujourd’hui, la femme mue, elle est en devenir. Actuellement, je prépare l’écriture d’un long-métrage fiction et un prochain documentaire de création où il sera question du cœur des hommes.